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L’état de santé des enfants des nouveaux arrivants

Conférence organisée par le Réseau national de navigation pour nos nouveaux arrivants

Conférence l'état de santé des enfants des nouveaux arrivants par Réseau national des nouveaux arrivants

Le 13 juin dernier, Marianne a participé a une journée de conférences organisée par le Réseau national de navigation pour nos nouveaux arrivants portant sur l’état de santé des enfants des nouveaux arrivants.

Beaucoup de nouveaux éléments et de rapports de recherches sont ressortis dans les conférences et Marianne a tenu à rapporter les résultats globaux des dernières études sur le sujet dans un article, afin de sensibiliser sur la situation.

Nutrition et état de santé des enfants des nouveaux arrivants au Canada : qu’en est-il?

Une étude de Dr. Hassan Vatanparast, professeur à l’Université de Saskatchewan, s’est penchée sur la santé des enfants des nouveaux arrivants, ce qui n’avait jamais été fait encore au Canada. Il s’agissait dans celle-ci de voir la différence entre les immigrants et les réfugiés et d’étudier l’état des enfants en particulier.

Nous savons déjà que les nouveaux arrivants commencent à développer des problèmes de santé physique et mentale à peu près deux ans après leur arrivée, puis après quatre ans, la proportion d’immigrants en faible santé triple, donc leur santé décline plus le temps avance.

Que se passe-t-il? C’est l’acculturation qui est en jeu, processus par lequel les nouveaux arrivants adoptent les attitudes, valeurs, coutumes, croyances et comportements de la nouvelle culture. Et quel population est la plus susceptible à l’acculturation? Et bien, les enfants. Plus les enfants sont jeunes lors de l’immigration, plus ils sont sujets à assimiler la nouvelle culture, incluant la culture alimentaire. 

Les enfants sont facilement influencés par leur environnement social et scolaire, puis les parents privilégient la facilité de préparation et la commodité. Alors que les aliments traditionnels sont plutôt dispendieux ou non accessibles, leur consommation d’aliments transformés hauts en gras, sel et sucre augmentent, les prédisposant à plusieurs maladies chroniques. 

Avec la collaboration de l’Université de Saskatchewan, l’équipe de Dr. Vatanparast a voulu caractériser la santé et les problèmes nutritionnels qui affectent les nouveaux arrivants enfants immigrants et réfugiés de même que les obstacles aux soins de santé pour cette population.

Premièrement, il y avait une grande différence dans l’éducation des parents. La majorité des parents immigrants avait une diplôme universitaire alors que les parents réfugiés n’avaient qu’un diplôme d’études secondaires. 77% des parents réfugiés se trouvaient d’ailleurs sous les seuils de faible revenu. Cela s’explique entre autres par le fait que les immigrants sont bien supportés dans leur transition et ont le temps de se préparer alors que le changement se passe relativement rapidement pour les réfugiés. 

En termes de statut nutritionnel, ils ont remarqué, selon l’indice global d’alimentation saine, que l’alimentation chez les immigrants et les réfugiés pourrait être améliorée. La consommation pour certains groupes d’aliments (selon l’ancien guide alimentaire canadien) était d’ailleurs inadéquate.

Les réfugiés n’atteignaient pas les recommandations pour le calcium, le zinc, le folate et surtout la vitamine D et près de la moitié des immigrants et des réfugiés n’atteignaient pas le niveau souhaitable de la densité minérale osseuse pour l’âge, le sexe et l’ethnicité. Presque 30 % des enfants immigrants ou réfugiés n’atteignaient pas non plus les recommandations d’activité physique, soit 60 minutes par jour pour les enfants.

Le taux d’insécurité alimentaire était de 61,6 % parmi les réfugiés et de 24,5 % parmi les immigrants comparativement à 11,8 % pour les Canadiens. Celui-ci est lié à la pauvreté, l’environnement alimentaire qui influence les enfants, l’environnement scolaire qui influence leur apport alimentaire, le manque de sensibilité des programmes de prestations de santé et les prestations de médicaments insuffisantes, entre autres.

On voit donc qu’une multitude de facteurs influencent l’apport alimentaire des enfants ainsi que leur santé.  Les plus grand prédicteurs de surpoids et d’obésité sont l’âge plus élevé des enfants, la qualité médiocre de l’alimentation selon l’indice global d’alimentation saine et l’éducation plus élevée des parents. 

Il est important de noter que les habitudes alimentaires sont établies durant la jeune enfance et que c’est dès ce moment que commencent à se développer les maladies chroniques. Les interventions axées sur le mode de vie donnent des résultats positifs chez les enfants d’âge préscolaire et prépubère et si ces interventions sont effectuées durant l’enfance, elles ont tendance à persister à l’âge adulte. C’est donc à ce moment que se définissent les habitudes alimentaires qui seront gardées jusqu’à la vie adulte et donc le meilleur moment aussi pour effectuer des interventions.

En somme, les enfants, surtout les réfugiés, sont plus à risque d’insécurité alimentaire, ont une prévalence à la déficience en vitamine D, n’atteignent pas les recommandations nutritionnelles pour plusieurs nutriments selon leurs habitudes alimentaires et ont une prévalence élevée de surpoids et d’obésité.

Il reste important de considérer des soins et des services adaptés à la culture des nouveaux arrivants et de travailler avec eux, et non pour eux. 

Marianne Lefebvre remercie grandement le Réseau national de navigation pour nos nouveaux arrivants
pour l’espace de discussion et l’ouverture face à cet enjeu qui nous tient particulièrement à cœur.
 
Merci aussi aux deux conférenciers Dr. Hassan Vatanparast, MD, PhD et Dre Ginny Lane, RD, PhD,
pour le partage d’informations précieuses.
 
Merci à Sara Jovovic pour sa collaboration à la rédaction de cet article.
 
Pour en savoir plus sur leur mission et engagements, visitez le site web.

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